terça-feira, 10 de abril de 2012

João Cabral de Melo Neto

Difícil ser funcionário

Difícil ser funcionário
Nesta segunda-feira.
Eu te telefono, Carlos
Pedindo conselho.

Não é lá fora o dia
Que me deixa assim,
Cinemas, avenidas,
E outros não-fazeres.

É a dor das coisas,
O luto desta mesa;
É o regimento proibindo
Assobios, versos, flores.

Eu nunca suspeitara
Tanta roupa preta;
Tão pouco essas palavras —
Funcionárias, sem amor.

Carlos, há uma máquina
Que nunca escreve cartas;
Há uma garrafa de tinta
Que nunca bebeu álcool.

E os arquivos, Carlos,
As caixas de papéis:
Túmulos para todos
Os tamanhos de meu corpo.

Não me sinto correto
De gravata de cor,
E na cabeça uma moça
Em forma de lembrança

Não encontro a palavra
Que diga a esses móveis.
Se os pudesse encarar...
Fazer seu nojo meu...

Carlos, dessa náusea
Como colher a flor?
Eu te telefono, Carlos,
Pedindo conselho.




sexta-feira, 6 de abril de 2012

Estranhas Unidades de Medida



Como é que se pode sentir saudades de uma pessoa que se não conhece? Et pourtant, on peut.
Como é que pode sentir falta de uma voz cantada que nunca se ouviu? Et pourtant, on peut.

Como no grão de areia, dentro de nós está um mundo, infinitamente o mesmo a que chamamos mundo, com regras e medidas outras. Escrito assim não passa de um paradoxo. Sentido, sentido mesmo e de forma total, é a verdade. Inalcansável às palavras como um discurso tridimensional.

Como é que podemos carregar em fragilíssimos corpos, vestígios e memórias dos deuses que fomos? Et pourtant, on peut.
Como é que podemos sonhar livres com uma liberdade tão maior que nós e, pontualmente, voltarmos, como pássaros bem comportados (ou tão somente domesticados), para a gaiola quotidiana, mesquinha, cinzenta ou pior? Et pourtant, on peut.

Talvez porque, como as crianças quando aprendem a andar, estejamos condenados a cair e reerguer-nos doridos e teimosos. Porque a morte, se há-de vir para, amorosamente, nos pegar na mão, ou, raivosamente, nos arrastar pelos cabelos, ainda assim, não deixa de nos visitar todos os dias. Nesse invisível namoro usa torpezas e desânimos vários, cansaços e outras coisas do pequeníssimo calibre da mentira e da batota. Por isso resta-nos a resistência, a recusa da contaminação e, mais que tudo, o cultivo militante e diligente do aperfeiçoado crescimento de um “eu” de forma a que, quando formos grandes, possamos ser um “nós”.

Como é podemos transportar nas veias dores e memórias (quase) insuportáveis e, mesmo assim, não querermos morrer? Et pourtant, on peut.

Têm sorte quem pode usar a palavra “love”. Sábios homens que aí se detiveram, sem entrarem em detalhes de “gostar” e “amar”.
Têm sorte quem pode usar a palavra “être”. Sábios homens que aí se detiveram, sem entrarem em detalhes de “ser” e “estar”.

Sábio o homem que dá um beijo com sal do mar (Qual? É só um, imenso) e poeira e paisagens  do caminho

segunda-feira, 2 de abril de 2012

calendário





Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Même les plus chouettes souvenirs, ça, t'as une de ces gueules
A la gallerie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues, alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus

domingo, 1 de abril de 2012

De Sábado a Sábado (morrer em itálico)




La colère
Allain Leprest
Ça te vient, ça t’arrive, cent clébards dans la tête,
Une locomotive, un barrage qui pète
Ça te sort d’une graine et ça devient un tronc
Et les branches d’un chêne qui t’éclatent le front
C’est jouir à l’inverse, c’est un ciel à sanglots
Et son grelon qui perce les parois de la peau
C’est pleurer à l’envers, le pétard de la peine
L’orgasme de la haine. C’est s’entr’aimer quand même,
La colère

C’est un piano qui cogne dans l’orchestre des veines
Ce pipeau dont l’haleine sent mille saxophones
C’est la sueur de décembre, mourir en italique
Vouloir nouer ensemble la Manche et l’Atlantique
C’est une épée tendue à la barbe des cons
Une fleur de passion aux pétales pointus
C’est le jour moins le jour, c’est un accouchement
Sans l’aube d’un enfant, les mâchoires de l’amour,
La colère

C’est les yeux qui s’effritent et le poing qui se blesse
Au tranchant des caresses, au baiser de la vitre
"Patron, une dernière, à la santé du diable!"
Et je casse mon verre sur le bord de la table
C’est un rire qui balance sous le ciel des gibets
Et son sexe bandé en haut de la potence
C’est le cœur éclaté mais c’est mieux que se taire
De pouvoir la chanter, comme hurler de colère,
Sa colère

C’est l’anus du Vésuve dessous ma casserole
Un fleuve de pétrole où navigue l’étuve
La langue qui s’embrase, la salive qui brûle
Et le ventre qui hurle pour attiser les phrases
Cette vague de braises au bûcher de la mer
Cette écume incendiaire qui lèche la falaise
C’est un feu de chevaux lancés au cœur des champs
Et le vent qui reprend l’odeur de leurs sabots,
La colère

C’est sauter à deux pieds sur l’édredon des ronces
La rage qui défonce les portes enfoncées
C’est l’opéra du cri, l’orage de tes bras
C’est cracher du lilas à la gueule des orties
C’est un hymne de fou, c’est l’étincelle noire
Qui porte à la victoire l’agneau contre le loup
Un baiser en dedans à l’amitié complice
Qui mord à pleine dents le cul de l’injustice,
La colère